Interfaces Technologiques

Interface Originelle

Si l’on considère un ensemble biologique en soi, comme l’outil d’une intentionnalité sensible, et s’adaptant au delà de son milieu, à l’ensemble des espèces biologiques, la thèse d’un programme évolutif intelligent de la vie dans l’univers vient à transparaitre. La formation de l’ADN dans son ensemble découlerait d’une intention, d’un programme interactif et évolutif dont le but, à travers sa diversité d’êtres qu’il engendre, serait de servir de réceptacle protéiforme à un état de conscience supérieur qui engloberait l’univers à travers les consciences sensibles.

Dans cette perspective les corporalités peuvent se poser comme les fruits d’une bio-technologie péréeenne, et notre ADN comme un générateur de formes conformes à une certaine tonalité propre à l’esprit qui l’habite. D’un point de vue quantique, puisque l’observatuer influe sur l’objet de son observation, la biodiversité planétaire et extra-planétaire (bactéries, micro-organismes...) entrerait en interaction cognitive et maintiendrait le Réel dans un état de cohérence. Ce modèle, si l’on accorde une conscience au règne inanimé, s’étendrait à toutes les particules qui composent la matière.

Entre un être conscient et le noyau d’un trou noir, il y a une complexification dimensionnelle partant d’une dimension hypothétique D1 puis D2 puis au delà la frontière de la singularité D3 et D4. Ainsi les dimensions cognitives se retrouveraient alors en D5 et par delà.

En partant de ce schéma, et en considérant donc les trous noirs de l’univers (ainsi que les micro trous de ver) et leur positions respectives, l’ensemble D12345...continuerait le ciment du Réel.

Interface Attribut

Avant d’être la prolongation du bras, l’outil à son origine est la prolongation de la psyché. Il est attribut avant de devenir artéfact. Un os creux tapoté avec le bout des doigts reproduit le son de la pluie, ainsi cet outil par résonance analogique est un outil faiseur de pluie. La grotte, à l’image de la cavité pulmonaire reproduit les battements du cœur, c’est pourquoi cet espace chthonien était réservé aux initiations. L’outil-attribut est par conséquent un générateur de cosmicité.

L’outil, en tant que prolongement de la conscience, concerne l’appropriation du cosmos à travers ses attributs. Le silex produit l’étincelle et devient le porteur de la foudre. Son utilisation concerne plus la ré-appropriation de la foudre, sa "personnification", que l’usage d’un simple objet pour produire le feu domestique.

Interface Proteïque

Dans la reproduction de l’outil-attribut, l’outil est devenu le prolongement du bras. Son sens originel s’est dilué dans une utilisation pragmatique. Avec la production en série des armes, les guerres de territoire prirent naissance et s’intensifièrent ce qui donna naissance aux cités protectrices et à l’essor de la civilisation.

A travers son développement, et sa dilution étymologique, l’outil fut donc considéré définitivement comme la prolongation du bras. Et dans cette "chute de l’attribut", il cristallise à travers sa facture et ses attributs formels, la marque culturelle de la civilisation qui l’a produit. La monnaie devient l’interface du sang, et les armes se portent garantes de la prospérité économique.

Interface Technologique

Au début de l’ère industrielle, la création des machines vient optimiser la puissance de travail des classes ouvrières, et le rendement des classes dominantes. Le développement du travail à la chaîne sa robotisation rend la main d’oeuvre artisanale humaine obsolète. L’ouvrier-technicien est purement réduit à entretenir la machine pour qu’elle ne réduise pas son rendement quand il ne constitue pas lui même, qu’un des rouages de la machine.

Les hommes surveillent les machines et les machines surveillent les hommes. Ainsi le développement de l’ère digitale ouvre les portes, à travers l’environnement intelligent à la Cybernétique et à la fusion entre l’homme et la machine. L’outil technologique n’est plus la prolongation du corps, mais notre corps et nos facultés cognitives deviennent les prolongation biopsychiques de la machine.

Artefact psycho-technologique

Avec l’ère digitale et l’électronisation de la pensée, l’interface technologique semble revenir à un état de non localité initiale. Mais dans une cosmogonie inversée.

La convergence cybernétique, est la traduction matérielle de l’idée de l’omniscience de l’Esprit. Elle fait référence à l’hyper-connectivité des êtres humains, de l’ environnement intelligent, au sein d’un même noyau central. Ainsi on assiste à l’implantation du vivant par la machine et de la machine par le vivant. Ce produit hybride composé de silicium, de microprocesseur quantique et de matière vivante, est pourvu l’intelligence artificielle : C’est la "Singularité trans-humaniste".

Et s’il n’y a peut être pas d’illumination sans incarnation, ce seuil représente une étape capitale, un carrefour singulier, dans notre évolution.

HCS texte du 23/04/07