Sculptures Invisibles

Invisible Sculptures Drawings

Construction

Concevoir une œuvre invisible qui soit entièrement objective et complètement subjective. Concevoir une oeuvre immatériele, et articuler les indices tangibles de sa situation, dans l’espace et le temps. Peut être à l’image du Monde.

L’outil de base à cette œuvre est un géomagnétomètre, prolongation du corps, et la somme de sa reprèsentation mentale, projection et prolongation de l’esprit.

Pour tenter une approche de visualisation, l’intensité géomagnétique d’un point défini, est retraduite, en forme ,et en puissance, selon des vecteurs, qui à leur tour définissent une intensité, une inclinaison, et une orientation cardinale.

A l’opération mentale dans l’espace physique, se superpose une topographie virtuelle en trois dimensions. A partir d’une figure au sol, s’érigent, en chaque point mesuré, des lignes de construction, en correspondance avec les flux géomagnétiques endogènes.

Invisible Sculptures Drawing

Premiere représentation mentale d’une sculpture invisible géomagnétique endogène. Crayon sur papier, 9 cm x 14 cm. Horia Cosmin Samoïla, Cité Internationale des Arts, 2004.

Mentalisation

Imaginer c’est créer. Quand on imagine on pense. Nos masses cérébrales, à leur mesure, déforment aussi, à l’instar d’une étoile, le continuum de l’espace-temps. Et cette prépodérance de l’esprit, qu’elle soit fixe ou volatile, par l’acte-penser, influence, sinon dans l’état même de sa coporalité, des niveaux qui englobent des échelles subtiles du spectre électromagnétique. Aussi, le simple fait de penser, ne concerne pas seulement, à notre échelle, d’infimes modifications dans l’articulation gravitationelle de l’evolution cosmique, glissements discrets et sporadiques à l’échelle sub-atomique, induits par le support physique même d’un corps pensant, mais aussi ainsi suggère la préfiguration d’un milieu exogène à la conception matérialiste du monde, capable d’imprimer, et de contenir, le substrat volatile de cette pensée, sa matérialité exangue. Car la pensée, ou conscience rétroactive de l’ésprtit, est avant tout une énergie, une onde concrète qui se diffuse et qui en se répercutant sur le substrat immatériel de territorialités a-formelles, devient mémoire. Et si finalement la pensée file comme un éclair, le lézard peut y laisser sa queue; elle repoussera toujours: le reptile continue son chemin, avec toujours une longeur d’avance.

C’est justement ce dragon, géomagnétique, qui de tout temps, et dans toute tradition, a personnifié l’émergence continuelle de l’invisible, force de dissolution et de coagulation, qui danse sur les côtes dévorées par les vagues, les crêtes montagneuses rongées par les vents, ce dragon qui someille quelque part dans les méandres de notre cortex reptilien, ultime ressource d’une animalité constamment refoulée, fossilissée, ce serpent ancien, sans cesse dévolu, qui se repercute sur l’enveloppe sensible de la membranne du monde.

Une peau éphémère, mais cristallisée comme un roc, des écailles respelendissantes, sous une lumière d’un astre abscond, lugubre et glacial dans le vent sombre des étoiles. Tel est le dragon qui gémit sous la lance fulgurante de l’esprit.

La sculpture invisible à toujours été présente dans l’ésprit qui cherche l’image dormant dans la pierre, le vent ou le cycle des saisons. La chercher dans l’enveloppe électromagnétique de la terre, est en somme la volonté de transposer la consistence de notre temporalité, dans un état complémentaire, immatériel, et ainsi de repousser les frontières de la représenation du Réel.

De la Matérialisation et de son paradoxe .

Tenter de rendre visible cet invisible, au risque d’amoindrir son potentiel idéoplastique initial, est la suite ontologiquement fataliste du développement de la sculpture invisible. Ainsi se formera l’oeuf calcaire, membranne d’une raison provisoire et précaire, dans l’attente de la morsure de l’acide vivifiant de la raison véritable.

Invisible Sculptures